Balota Jessica Aka LADY K (née en 1978 à Blanc­Mesnil)

Si peu de femmes nourrissent encore aujourd’hui les rangs du Graffiti, il en existait encore moins à l’arrivée de LADY K. Milieu d’hommes à la réputation de machistes, elle s’impose à l’instar de son ainée Lady Pink (New York années 80) à la force de son style.

LADY K découvre le graffiti en 1990. Et se consacre en 1993 à l’écriture et aux arts plastiques. Elle visite les courants artistiques du XXème siècle « tout ce qui pouvait finalement se finir par isme » sourit­elle. L’impressionnisme, le cubisme, le réalisme, le futurisme et le mouvement Dada enrichissent sa réflexion artistique. Puis s’adonne au pochoir, aux phrases surréalistes, au Ready Made, aux logotypes. En 1998 ( ndrl après avoir eu plusieurs noms) elle conserve LADY K et s’abandonne au tag : « la seule expression à établir un dialogue direct, franc et spontané entre lespectateur et l’auteur. Avec lui il n’est pas besoin de passer par la galerie, l’exposition ou le cadre institutionnel. Le tag c’est une signature. Mais que serait un Picasso sans signature … Qu’est ­ce qui est « art» au final : l’œuvre ou l’auteur ? ». Avec le tag, elle exprime avec passion et énergie, une critique réfléchie de nos sociétés actuelles. Consumérisme, lois, injustices, et conventions sociales finissent de la révolter. « J’ai probablement refusé toute ces conventions qui sont destinées à nous apprendre comment devenir de parfaits petits objets. Ce système économique et social instauré par des banquiers et autres magnats des affaires qui se cachent derrière des sociétés anonymes. Tagger sur les trains revient a tagger sur des banques en quelque sorte… ».A force de style et d’audaces elle se fait adouber de ses pairs qui reconnaissent en son lettrage « l’un des leurs » éloigné des représentations féminines usuelles. Psychose la fait rentrer 156 (collectif international fondé par jonOne). Dés lors elle pose « 156» avec ferveur dans chaque recoin de la ville. Terrains vagues, tunnels de métro, murs, trains deviennent ses supports de prédilection. En groupe ou solitaire, en extérieur ou chez elle, passant du pur lettrage au bloc letter, du chrome au tag, de la rue à l’atelier, du pinceau à la toile, du feutre à l’acide ; Peindre deviendra sa priorité. Elle rejoindra ensuite les V13, CCH, ED, HLM, autant d’appartenances qui sont autant de preuves de la reconnaissance dont désormais elle bénéficie.

En 2000 elle intègre l’école Nationale des Beaux arts de Paris et en sortira diplômée en 2007. Dés 2001 elle participe à des expositions collectives et dés 2003 en exposition personnelle (Toast Gallery, Paris). En 2009 elle participe à l’exposition « T.A.G » au Grand Palais puis à Monaco en 2011.

Versée dans les arts, curieuse de toutes les techniques elle l’est tout autant des supports et des expressions. Artiste complète sans cesse aux aguets, tour à tour peintre ou auteure, elle a su transfigurer son geste, user des musées pour mieux appréhender la rue et marquer l’histoire du Graffiti.

Biographie : Valériane Mondot – Photo : Pascal Boissière